La sortie des camps

 

 

• Au mois de janvier 1945, de nombreuses offensives des troupes alliées contre l'Allemagne ont lieu. Elles permettent l'entrée des différentes armées (américaine, britannique et soviétique) dans les camps pour les libérer. Il reste majoritairement peu de survivants. En plus des atrocités commises dans les camps de concentration, beaucoup sont morts lors de l’évacuation des camps par les nazis au cours de marches forcées, appelées « les marches de la mort ». Ainsi, le camp d'Auschwitz qui a été le plus grand camp d’extermination et de concentration, est libéré par l'armée rouge, le 26 janvier 1945.

 

         

 

Carte de la libération des camps

  Libération des camps. Les Russes progressent à l'Est et libèrent les camps, en commençant par les camps d'extermination de Pologne. Certains furent détruits avant qu'ils arrivent. Les Américains et les Anglais arrivent en Allemagne au début de 1945 et libèrent les camps de concentration allemands et autrichiens.
Ils libèrent en même temps les déportés amenés des camps de l'Est au cours des Marches de la Mort.

 

 

 

 

A la libération de ces lieux de mort, le choc est incommensurable pour les soldats alliés découvrant cette barbarie, horreur apparente malgré les tentatives des  nazis de détruire toutes les preuves de la destruction de masse. Les alliés trouvent des cadavres dans des fosses communes, des monceaux de cheveux, ainsi que des vêtements, costumes et chaussures ayant appartenu aux personnes déportés.

 

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  Fosse avec les corps des morts, Dachau

  

 

 

Il y a eu des millions de déportés, 4 341 008 sont morts dans les camps, 1 million en dehors des camps eux-mêmes (Shoah par balles...). 65000 seulement ont pu sortir vivants des camps nazis -échappés ou libérés- malgré la maltraitance et la cruauté subie : torture, famine, froid, travaux forcés... 

 

 

 

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   Libération du camp d'Auschwitz

  

 

       • Sam Braun, dans son récit autobiographique, Personne ne m'aurait cru alors je me suis tu, décrit comment il a échappé à la mort. 

 Il a survécu à l'effroyable marche de la mort, lors de laquelle de nombreux déportés sont morts d'épuisement, de faim, de froid, ou encore fusillés par les SS.

Pendant ces convois, les chances de survie étaient extrêmement faibles car l'objectif SS était d’affaiblir jusqu’à la mort. "Il fallait marcher et tout leur était permis pour arriver à leurs fins. Nous marchions et les coups revolver achevant les morts vivants trouaient le bourdonnement que faisaient nos galoches en traînant sur le sol". Ils voulaient finir le processus d'extermination et ne laisser aucun survivant qui puisse témoigner des atrocités commises dans les camps avant l’arrivée des armées de la grande Alliance.

Sam Braun raconte cette marche et explique qu'il a survécu  en  se coupant du monde  extérieur afin de se protéger et  s'isoler de la réalité "J'étais plus  que jamais dans ma bulle" et il ajoute "Heureusement d'ailleurs, car comment vivre cette marche sans devenir complètement fou ?".

Il a mis fin à ce terrible voyage en décidant de sauter du train en gare de Prague.

Le wagon était alors rempli de déportés, morts ou essayant de rester en vie. La population tchécoslovaque les attendait et les incitait à descendre. 

Malgré la menace des nazis de tuer ceux qui tenteraient de s'échapper du train, Sam Braun prend le risque. Arrivé à terre, il est aidé par les résistants tchécoslovaques et pris en charge par des infirmiers.

Il apprendra plus tard que le train n'avait d'autre destination que celle de la mort "On m'a alors raconté que la plupart étaient morts dans ce train ou avaient été fusillés".

Il reprend des forces à l'hôpital et reste quelques mois à Prague, aidé par une infirmière nommée Vera à laquelle il s'attache très vite. Il rentre ensuite en France en avion où il retrouve sa soeur et son frère à l'hôtel Lutétia, à Paris, après avoir répondu à un interrogatoire. 



 

  • Soazig Aaron raconte dans Le NON de Klara comment la jeune femme revient d'Auschwitz (Oswiecim), libéré le 27 janvier 1945 par l'armée soviétique. Comme Sam Braun, elle reste quelque temps en Pologne et en Allemagne. Elle arrive à l'hôtel Lutétia en juillet 1945 où elle retrouve sa belle sœur.

 

 

 

Dans le récit autobiographique Ces mots pour sépulture, Benjamin Orenstein dépeint l’étonnement des déportés lorsqu’ils se rendent compte que les SS ont quitté le camp de Dora. Il évoque aussi comment ils  restent seuls, sans nourriture, jusqu’à l’arrivée des Américains le 11 avril 1945. Sans s’apitoyer sur son sort, il décrit l’émotion ressentie par les soldats américains en les découvrant « Je revois ces deux GI, enlevant leurs casques, se mettre à genoux et s’écrouler en sanglots en nous voyant. »

 

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Soldats trouvant des corps dans un train

 

      

 

• Enfin sorties de cette inavouable existence dans les camps, traumatisées, torturées, et assurément perdues... dans un monde qu’elles ne reconnaissaient peut-être pas, comment les personnes revenues ont-elle pu se diriger ? Où aller, vers qui, vers quoi ?

Comment entrer dans une nouvelle vie, aller vers les autres ? Comment être  accueillies dans cette nouvelle vie, par les autres, par l'entourage ? Comment revenir ?